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___ Mes doigts caressent doucement ton épaule. Tu dors encore. Je le devine en écoutant ta respiration, si familière. Douce musique qui berce mes plus jolies nuits, celles dont tu fais partie. Les yeux encore fermés, je devine ta bouche entrouverte, tes paupières closes, l'ombre de tes cils sous tes yeux verts, chacun des grains de beauté qui parsèment ton dos, la forme de tes mains, la douceur de ton épaule sous mes doigts. Nous sommes le 30 mars. Ta respiration est peu à peu plus rapide, tu ne bouges pas encore mais tu t'éveilles doucement. Tu gardes les yeux clos en te tournant vers moi. Mon ventre fond sous tes caresses. Tes doigts, encore engourdis par le sommeil ne sont que douceur. Je te regarde. Ton visage m'est si familier que j'en oublie parfois la délicatesse des traits. Les mots sont exclus ce matin. Ils ne sont pas nécessaires au simple bonheur de se réveiller près de toi. Tu me murmures un simple "un an" en souriant. Tes bras m'enlacent, nos yeux se sourient et nos sourires s'embrassent. Je voudrais que cet instant dure toujours. Mais le changement d'heure nous arrache l'un à l'autre. La vie nous enlève une heure, sans prévenir, brutalement. Tu m'étreins, me demande de te serrer fort, de sourire, de ne pas être triste aujourd'hui, mais tu dois partir. Je t'étreins, je souris, je ne suis presque pas triste. Mes yeux débordent. Je n'sais plus vraiment pourquoi. Mélange d'angoisse face à l'infinie solitude qui m'envahira quand la porte se refermera sur toi, et du simple bonheur de savoir que tu m'aimes. Tu me serres dans tes bras, me souris, je souris, pleure, ris, je n'sais plus vraiment et cela te fait rire. Je suis heureuse. Tu m'embrasses une dernière fois, puis encore cinq ou six dernières fois. Tu m'aimes ? Je t'aime aussi.